du bois d'ubac

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Pointer

Automne 2011

Automne 2011


Migration automne 2011.


 


 


En ce début du mois d’octobre, quelques nuits avec des températures négatives et un petit vent du Nord ont poussé les premiers oiseaux sur les hauteurs du Massif Central. Quel plaisir de retrouver les sensations automnales : Le parfum et la fraîcheur des sous-bois d’altitude, les champignons et le son des cloches qui s’agitent au cou de mes chiennes. Après de belles journées à courir les perdreaux sous le chaud soleil du Midi, elles reprennent facilement leurs marques et ne tardent pas à bloquer leur première bécasse de la saison. Ce qu’elles ne savent pas encore, et moi non plus, c’est que cette saison allait être exceptionnelle. En effet après deux mois de chasse, le bilan est exceptionnel : une moyenne de 5 oiseaux levés par sortie. Bien évidemment, il n'est pas question de tirer toutes les bécasses arrêtées mais c’est l’occasion rêvée de travailler les jeunes chiens.


J’ai eu, il y a vingt ans une chienne exceptionnelle pour chasser la bécasse :Zita della Cisa. A sa mort, j'étais conscient que je n'aurais plus jamais une telle chienne. Sa capacité à trouver les oiseaux et à les bloquer de très près était si rare que je devais me préparer à chasser avec des chiens d'une qualité inférieure. Je m’en étais fait une raison. Depuis j'ai chassé avec de bonnes chiennes. Elles me montraient des oiseaux mais elles étaient loin du niveau de Zita.


Il y a sept ans j’ai eu Vanille (Saïga X Pikachou). Elle progressait de façon intéressante jusqu'à ce qu'une patte endommagée par un piège à renard, limite irréversiblement ses potentialités physiques. Elle a été contrainte de réduire sa vitesse de course et son étendue de quête. Elle ne galope plus, elle trotte. Elle a gagné en sagesse et en expérience mais le physique ne suit plus. Le chien d'exception doit avoir aussi un physique d'exception.


Il y a quatre ans, j’ai fait naître Corri (Vanille X Tyrol) et je l’ai gardée car elle avait, et elle a toujours un galop et des allures remarquables.


Lors de la première année de chasse, j’ai pu lui montrer et lui tirer quelques bécasses arrêtées avec fougue et autorité. La deuxième année fut compliquée. Sa fougue et sa passion la débordait. Le dressage sur des oiseaux d’élevage et les entraînements en plaine sur des perdreaux pièteurs avaient perturbé ses qualités naturelles et altéré ses prédispositions à chasser naturellement la bécasse.


Quand elle fut Trialer de Printemps, d’Eté et d’Automne j’ai décidé de ne plus la présenter en concours. C’est avant tout une chienne de chasse pratique que je voulais. J’ai passé deux mois à réduire l’étendue de sa quête que j’avais développée pour les concours de printemps. Vers le mois de décembre 2010 les premiers effets de cette reprise en mains se firent sentir. Elle progressait à chaque sortie et devenait une agréable compagne de chasse. Depuis, elle ne cesse de progresser. L’automne 2011 nous amenant de nombreuses bécasses, les qualités naturelles, l’intelligence et la passion de Corri ont fait le reste.


Je n’oublie pas ma Zita mais Corri est entrain de l’égaler et ne tardera pas à la dépasser car elle a des qualités que Zita n’avait pas. Toutes deux ont comme caractéristiques de chasser en s’appuyant sur le vent. S’il n’est pas de face, elles vont le chercher car elles ont compris que c’est beaucoup plus efficace pour trouver et arrêter les oiseaux. Quand un oiseau s’envole sans être tiré, elles le retrouvent rapidement car elles entament une recherche dans la direction de fuite de l’oiseau en s’appuyant toujours sur le vent. Je considère que la faculté à retrouver et à bloquer rapidement un oiseau qui vient d’être mis à l’envol et la marque des grands chiens. Ils se démarquent des « couillons » qui tournent en rond sur la place chaude, le nez par terre et en agitant la queue.


Corri possède trois qualités que n’avait pas Zita. Elle va loin quand c’est nécessaire mais je ne la cherche pas et ne la rappelle que très rarement car elle reste à mon contact, même à distance. Elle sait où je suis et me repasse devant régulièrement. Si je ne l’entends plus c’est forcement qu’elle est à l’arrêt. Elle ignore totalement le poil et particulièrement les chevreuils qui sont nombreux sur certains terrains. Elle rapporte naturellement mais, je ne l’envoie au rapport, que si c’est nécessaire.


C’est un grand bonheur d’avoir une telle chienne comme compagne de chasse. J’espère que je saurais lui trouver, ce printemps, le mâle qui me permettra de conserver ses qualités dans sa descendance. J’espère surtout que je la garderai longtemps.